• Hélène

Quelques étapes vers l’autonomie : aidons-les à grandir (partie 2, le syndrome du pyjama)

Nous le savons maintenant : c’est l’affection que nous avons pour eux, et notre capacité à les laisser s’éloigner de nous qui forment le socle sur lequel s’appuie l’autonomie de nos enfants.


Ils ont soif d'indépendance et de compétence : « Je ne veux pas que vous me forgiez, je veux me faire moi-même…». Étancher cette soif suppose d’identifier les deux forces qui la nourrissent : à la fois le désir et la peur de l'autonomie. Elles se traduisent au quotidien par deux types de manifestations : les événements "familifuges" qui poussent à grandir, à partir, à faire tout seul... et les moments "familipètes" qui poussent à rester petit, dans sa chambre, à chercher à se faire aider. Elles jouent sur l’opposition : je fais comme, ou je fais contre ? Je pars, ou je reste ? Les plus petits exercent ces forces opposées autour de la nourriture, du sommeil, de la propreté, de l'exploration. Chez l'adolescent… c’est pareil : ce qu’il mange illumine son visage (boutons, acné…), son sommeil est irrégulier (couchers tardifs), sa propreté parfois aléatoire, nombreuses ses explorations, oppositions, recherches de nouvelles permissions.


Un bon test de l’avancée de l’autonomisation de notre enfant, c’est le weekend dans une maison amie (dans la famille, ça marche aussi…). Laissez-le préparer son sac tout seul, éventuellement en lui fournissant une liste des objets utiles à emporter. Rappel : même avant de savoir lire, les enfants peuvent suivre une liste avec des images ! Et surtout, ne vérifiez pas le sac avant son départ.


Lorsque le premier soir, le sac ne contiendra pas le pyjama ou la trousse de toilette (ou les sous-vêtements…), l’enfant aura l’un de ces trois comportements :

- Soit il ira demander ce qui lui manque à son hôte, et aura ainsi manifesté sa capacité à se nouer avec un autre adulte,

- soit il fera en sorte qu’un adulte présent soit conscient de l’omission, avec plus ou moins de naturel ; c'est une déclinaison du premier cas, moins sereine et aboutie, mais l’important est qu’il aura exprimé son besoin,

- soit il cherchera à dissimuler la situation, et se passera de l’élément qui lui fait défaut.


Rassurons-nous, le weekend ne sera pas gâché pour autant, et il est fort à parier que lorsqu’adviendra le weekend suivant, l’élément qui aura réellement manqué sera le premier dans le sac. Ou pas !


Dans tous les cas, l’expérience est bénéfique car elle alimente la persévérance nécessaire pour acquérir la maîtrise qui conduit à l'autonomie.


A suivre….


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