• Hélène

Comprendre. Toujours comprendre.

Mis à jour : 9 mars 2019

« Moi, je ne veux pas comprendre. Je comprendrai quand je serai vieille... Si je deviens vieille. Pas maintenant. »

Si les mots de l’Antigone d’Anouilh résonnent encore avec actualité en 2019, c'est probablement à cause de quelques adolescents qui se lèvent, ici ou là dans le monde, pour mettre en question le modèle de vie que nous pensions leur laisser en héritage.

Comme la jeune fille de Thèbes, ne pas comprendre signifie pour ces jeunes ne pas se soumettre, ne pas accepter le rôle écrit pour eux par leurs aînés. Dans nos familles, quelle projection nos adolescents ont-ils de leur vie future ?


Bien que le parcours scolarité / études / premier emploi leur soit présenté comme une course d'obstacles, les 12-17 ans ont généralement une représentation sereine de leur trajectoire d’adulte.

Parents, éducateurs, adultes environnants et accompagnants, comment dialoguons-nous avec eux sur leurs premières années de jeune autonome et responsable ? Osons-nous les interroger sur leurs aspirations sans ébranler notre propre confiance ?


Pourquoi ne pas (re-)découvrir avec nos adolescents le parcours éblouissant d’Antigone, « la figure la plus noble apparue sur la terre » selon Hegel ? Les opportunités ne manquent pas, que ce soit au théâtre (en particulier amateur ou scolaire), mais aussi en vidéo, par exemple dans la version mise en scène par Nicolas Biançon au Théâtre Marigny (2003).


Les mots d'Anouilh, contemporains et acérés, permettront d’engager la question du choix, de l’engagement et de la résistance… toutes notions qui parcourent notre actualité immédiate.

Et pour ceux et celles qui manquent de temps ou ne fixent pas leur attention au-delà de quelques minutes, contentons-nous du prologue. Qui sait, cela pourrait donner envie d’aller plus loin ? Nul n’est condamné à attendre d’être vieux pour chercher à comprendre.

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